Les abeilles en hiver : comment les colonies traversent le froid dans l’Auxois

Les abeilles en hiver : comment les colonies traversent le froid dans l’Auxois

Alors que l’hiver s’installe dans l’Auxois, les températures chutent et la neige recouvre les paysages de Bourgogne. Au rucher, l’activité semble au ralenti… et pourtant, à l’intérieur des ruches, la vie continue. Les abeilles ont développé des stratégies remarquables pour survivre au froid et préparer le retour du printemps.

🐝 Les abeilles n’hibernent pas

Contrairement à certaines idées reçues, les abeilles ne dorment pas tout l’hiver. Lorsque les températures passent sous les 10 °C, elles cessent simplement de sortir et se regroupent à l’intérieur de la ruche.

Elles forment alors ce que l’on appelle une grappe hivernale : les ab

eilles se serrent les unes contre les autres autour de la reine afin de conserver la chaleur.

Les abeilles situées au cœur de la grappe produisent de la chaleur en contractant leurs muscles thoraciques, un peu comme si elles frissonnaient. Même lorsque la neige tombe à l’extérieur, la température au centre de la grappe peut rester autour de 30 à 35 °C.

🍯 Le miel, carburant indispensable de l’hiver

Pour produire cette chaleur, les abeilles consomment le miel qu’elles ont stocké durant la belle saison. Ces réserves sont vitales : sans elles, la colonie ne peut pas maintenir la température nécessaire à sa survie.

C’est pour cette raison que le travail de l’apiculteur en automne est essentiel : s’assurer que chaque ruche dispose de réserves suffisantes pour traverser l’hiver sans stress.

À l’inverse, les faux-bourdons (les mâles) sont généralement exclus de la ruche à l’approche de l’hiver, car ils consomment beaucoup de ressources sans participer à la survie de la colonie durant cette période.

🌬️ Humidité et ventilation : des enjeux majeurs

Le froid n’est pas le seul danger de l’hiver. L’humidité excessive à l’intérieur de la ruche peut être tout aussi problématique. Lorsque les abeilles consomment du miel, de la vapeur d’eau est produite. Si elle ne s’évacue pas correctement, elle peut condenser et retomber sur la grappe.

Une bonne gestion de la ventilation est donc primordiale : suffisamment d’aération pour évacuer l’humidité, mais sans créer de courants d’air froids.

🧑🌾 Le rôle de l’apiculteur en hiver

En plein hiver, il est important de ne pas déranger les colonies inutilement. Ouvrir une ruche par temps froid peut briser la grappe et faire chuter brutalement la température interne.

Le rôle de l’apiculteur se concentre alors sur l’observation et la prévention :

  • vérifier que les ruches sont bien protégées du vent et de l’humidité,
  • s’assurer que les toits et les entrées sont en bon état,
  • surveiller discrètement l’environnement du rucher.

❄️ Les rares sorties hivernales

Lors de journées légèrement plus douces, il est parfois possible d’observer quelques abeilles sortir brièvement. Il s’agit de vols de propreté, indispensables au bon fonctionnement de la colonie. Les abeilles profitent de ces courtes fenêtres météo pour évacuer leurs déchets hors de la ruche.

🌱 Un hiver décisif pour le printemps

Même sous la neige de l’Auxois, les abeilles font preuve d’une organisation collective remarquable. Grâce à leur grappe thermique, à leurs réserves de miel et à une préparation rigoureuse en amont, elles traversent l’hiver en attendant le redémarrage de la nature.

Chaque ruche qui sort forte de l’hiver est une promesse de floraisons, de pollinisation… et de nouveaux miels à venir.

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